Awaiting movement

Avec ‘Awaiting Movement’, j’ai voulu travailler sur ces temps d’attente qui rythment notre quotidien. Dans les grandes villes, les travailleurs passent en moyenne 1h42min dans les transports en commun – soit après 40 ans de labeur, environ 3 ans non-stop. Au cours de ces mouvements d’attente, chacun est seul, le contact humain n’est qu’illusion. Nous vivons dans une bulle au rythme du travail, du mouvement et de l’attente.
Alors qu’hier il se restreignait à notre environnement proche, notre « espace vital » est
aujourd’hui sans frontières. Les transports sont devenus un moment important de notre quotidien, nous permettant d’aller vivre toujours plus loin. Mais si l’espace géographique devient sans limites, notre espace temporel se compresse. Chaque moment passé en mouvement correspond finalement à un temps d’arrêt dans la vie de chacun. La vie semble n’être qu’une illusion d’une action, qu’une attente en mouvement.
Mais que l’on soit en France, en Tchéquie, en Chine, à Singapour, au Népal, les expressions sur les visages des passagers du temps sont les mêmes. L’attente dans les transports est une « émotion » universelle, se jouant des différences de cultures et de
situations géographiques. L’attente offre à chacun un moment d’introspection personnelle et les émotions externes ne sont que le reflet du jardin secret et personnel du voyageur. En photographiant ces gens en attente, je me permets de casser les frontières, de passer outre les cultures, et de pénétrer dans l’espace privé le plus préservé des personnes.
Dans le métro, les bus ou les aéroports, j’ai tenté de capter ces moments de temps suspendu dans la vie de chacun, avec un certain dénuement dans les scènes.